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Thomas Tchuss

Présentation de Thomas Tchuss

Le compte Twitter de Thomas Tchuss est @ThomasClone

Afin de connaître les limitations réelles d'abonnements/abonnés sur le réseau social Twitter, je me suis intéressé à son API. D'ailleurs je devais l'exploiter pour un projet universitaire donc c'était aussi une occasion que je me renseigne. Son API permet d'utiliser les fonctionnalités classiques que tout utilisateur lambda peut réaliser depuis le site web (tweeter, retweeter, follower, unfollower, liker... et j'en passe). Mais pas que ! Il offre d'autres fonctionnalités notamment demander un "streamer" sur des tweets ciblés. Je vais y revenir plus tard. J'ai eu l'idée amusante d'imaginer un programme qui essaye de me ressembler le plus possible et d'agir à ma place sur Twitter. J'ai développé ce programme début décembre. Je l'ai lancé le 6 décembre (je me souviens c'était la St Nicolas :D) sur mon raspberry Pi puis je l'ai arrêté 1 mois après autour du 10 janvier. Il est maintenant déployé sur mon serveur et fonctionne sans interruption. L'idée est que le compte Twitter sur lequel agit le programme soit totalement autonome. C'est à dire que le compte tourne tout seul sans que personne n'ait besoin de se connecter et agir dessus. Le compte sous lequel agit le programme est bien entendu un compte fake : Thomas Tchuss.

Afin que Thomas Tchuss me "ressemble" le plus possible sur Twitter, je lui ai donné mes centres d'intérêts, mes opinions sur des sujets et mon comportement vis à vis de telle discussion ou événement. Bref, il faut se regarder dans un mirroir et observer la réaction que l'on aura lorsqu'une publication nous touchant apparaît. Un exercice pas forcément évident car il faut se connaître. Bien entendu ce sont des paramètres qu'il faut mettre à jour autant que possible pour que Thomas Tchuss soit le plus "ouvert" de la société. Comme on dit "il y a que les cons qui ne changent pas". C'est juste un "clone" numérique de moi à l'instant T que je mets à jour quand j'y pense, que j'ai le temps et que ça ne me gonfle pas. L'idéal est en effet de faire une IA (Intelligence Artificielle) qui se paramètre toute seul en s'inspirant de ce que je publie moi sur mon compte personnel Twitter. Mais bon c'est toujours pareil, il faut aussi publier régulièrement pour que cela marche. Chose que je fais quand j'y pense, que j'ai le temps et que ça ne me gonfle pas ;) Bref pour tout dire que Thomas Tchuss ne pourra jamais être moi bien sûr. Sauf si on trouve un moyen de se synchroniser mais on part un peu loin là...

En fait cela me fait un peu penser à l'épisode 1 de la saison 2 de Black Mirror où une jeune femme essaye un programme informatique qui clone son petit copain décédé. Ou encore le film de science fiction Transcendance avec Johnny Depp.

L'expérience menée est à la fois technique car je découvre les possibilités de l'API mais également sociale. Il est en effet très amusant en tant qu'humain d'observer les interactions entre un simple programme informatique et les personnes physiques.

A quoi cela sert ?

Durant sa période d'essai, il a formidablement bien fait son travail. Il me sert essentiellement à faire de la veille et dans ce domaine là il est plus fort que n'importe qui. Je l'embauche sans aucun doute ! Il analyse les tweets non stop en continu 24h/24 7j/7. Meilleur que BFMTV pour l'info en continu. Pas de pause déjeuner, pas de pause dodo. Efficace et pas cher...[c'est la MAAF que je...]. Bref il s'arrête jamais et il est très rapidement au fait de ce qu'il m'intéresse. A l'instant où un tweet potentiellement intéressant est publié, Thomas Tchuss l'analyse et m'en informe éventuellement. Et avant même que la presse ait eu le temps d'écrire un article sur le sujet.


Une vraie machine à tweets. Thomas Tchuss est le premier compte français à parler de #BigData.

Parlons d'ailleurs de l'analyse des tweets. Avec une simple analyse lexicale (cf. mon tuto sur la Compilation) couplée avec une analyse sémantique (cf. encore mon tuto sur la Compilation), il peut interpréter le "sens" du tweet. Bien entendu il n'est pas assez évolué pour comprendre l'ironie, les jeux de mots ou autres. Cela ne marche que avec des tweets "sérieux" et bien écrits. Mais cette analyse permet déjà d'aller au-delà que simplement faire de la veille. Il peut dès lors commencer à réagir aux tweets, s'exprimer à ma place, essayer de me représenter "émotionnellement" avec des phrases prédéfinies.

En interprétant le sens du message, il serait tout à fait en mesure de connaître les goûts des gens, leurs intentions, leur humeur du moment, ce qu'ils sont en train de faire etc...

Imaginons qu'une personne lambda tweete le message suivant :

"C fou ce que j'ai envie de barbecue les étés!!"

Avec une analyse lexicale intégrant un dictionnaire de lexèmes assez complet, un programme pourrait extraire les mots "envie", "barbecue" et "été". Ensuite l'analyse sémantique lui permet d'interpréter que cette personne a envie de barbecue durant les périodes estivales en faisant l'association entre "barbecue" et "été". Un tel robot est donc très intéressant dans le domaine du e-marketing car il peut cibler des profils et en constituer tout un catalogue de clients potentiels. Il est dès lors facile de savoir qu'il faut montrer à cette personne des publicités de barbecues ou de grillades les étés.

Sur le même principe, autre que le e-marketing, il peut être utilisé pour évaluer la e-réputation. Sur le nombre de tweets parlant du dernier iPhone, combien de personnes en sont satisfaites ? Quelle est l'image globale de la SNCF sur Twitter ? Après le scandale du salaire de Pénélope, à combien la réputation de Fillon a-t-elle baissée ? Tout des questions dont la réponse n'a pas forcément beaucoup d'intérêt pour les consommateurs mais a une véritable valeur pour beaucoup d'entreprises. Il est désormais possible d'obtenir des réponses grâce à la contribution des personnes sur les réseaux sociaux. Parce que oui si c'est faisable pour Twitter, cela l'est également pour Facebook ou Google+ ou tout ce que vous voulez.

Cela peut également être un bon outil de de prévention voir de lutte contre la criminalité et le terrorisme. On peut récupérer des tweets parlant de tel produit pour cibler des clients potentiels comme on peut en récupérer pour repérer des comptes douteux qui incitent à la haine, diffusent des contenus illicites... Tout est une question de paramétrage.

A titre personnel, il peut également RT les concours ;) C'est pratique aussi. Il m'a aussi informé des offres d'emplois intéressantes d'entreprises. De nombreuses boîtes publient leurs offres sur Twitter.

Il y a Thomas Tchuss et il y a les autres

Soyons clair, techniquement Thomas Tchuss ne suit aucune personne. Il n'espionne personne non plus. Il suffit d'aller voir son nombre d'abonnement, il y a juste moi dans la liste parce que je m'étais connecté une fois à son compte et je me suis auto-ajouté (et ouais je l'ai piraté !). Il suit simplement des mots clés relatifs à mes centres d'intérêts. Autrement dit si il a partagé ou s'est exprimé sur votre tweet, ce n'est sûrement pas parce que c'est vous mais parce que votre tweet contient des mots clés qui suit. Si vous publiez le même tweet sur un compte différent, il aura le même comportement.

Socialement, Thomas Tchuss se fout de tout le monde, ce qui lui importe c'est ce qu'il m'intéresse. De ce point de vue là il ne me ressemble pas par contre. Les IA n'ont pas d'émotions. Désolé, c'est un peu cru ce que je dis mais si vous pensez que les programmes font dans le social, détrompez-vous. Surtout quand on voit que la réciproque n'est pas forcément vraie. En effet, je pense que l'on peut s'attacher nous émotionnellement à un programme informatique bien conçu. On arrive des fois bien à s'attacher à sa voiture, sa maison, son doudou alors imaginez une IA omniprésente qui joue la pote avec vous. C'est peut-être d'ailleurs un danger de croire ce que les IA ne sont pas. En tout cas c'est sûr que cela a ouvert de nombreux débats récemment sur la place des IA dans la vie quotidienne.

Depuis son lancement début Décembre 2016, Thomas Tchuss est suivi par de nombreux comptes Twitter. Côté popularité, il m'a en tout cas largement dépassé bien que je ne fais pas de compétition avec lui. Je pense que ce sera une bataille perdu d'avance de toute façon. Ce qui m'intrigue quand même c'est qu'il passe quand même pour quelqu'un de "plus" intéressant que moi aux yeux de la communauté Twitter. Il a par exemple été ajouté dans des centaines de listes comme étant un expert du Big Data simplement parce qu'il a republié du contenu de dernière seconde en lien avec ce sujet. J'ai vu une fois en me connectant à son compte (c'est pour l'instant le seul moyen pour lire les messages qu'on lui envoie) qu'il avait été repéré par une responsable des ressources humaines lui demandant son profil LinkedIn. C'est assez aberrant je trouve même.


Même l'Université de La Rochelle suit Thomas Tchuss. Ils ne savent pas (pas encore du moins) que c'est juste un bot et encore moins que c'est un de leur étudiant qui l'a créé. Je ne suis pas suivi par l'Université par contre^^

Le danger d'un chatbot

Un chatbot c'est cool, ça discute bien quand c'est bien programmé. Il nous fait des suggestions, nous aide dans les choix que l'on doit prendre. C'est de plus en plus mis en place sur les sites marchands. Puis on est habitué maintenant à cette technologie avec Siri ou plus récemment Cortana. Ok Google!! Mais on se souviendra du désastre de Tay, le chatbot Twitter de Microsoft. Lancé le 23 mars 2016, il est devenu raciste au bout de 8 heures d'existence seulement. Le bot a vite été désactivé par la firme américaine.

Les personnes parlent d'IA à Thomas Tchuss, lui même une IA^^ :


Mais il est difficile de prévoir tout les contextes de tout les messages et d'anticiper la réaction des personnes après que le bot leur ait répondu. Certains internautes peuvent mal prendre les commentaires du bot. Je l'ai depuis retravaillé avant de le lancer sur le serveur pour ne pas que tout cela se retourne contre moi.


Parfois on peut trouver des choses amusantes aussi :


Que devons nous penser des IA ?

Cela fait bien des années que nous avons accepté le fait que la machine est plus performante que l'Homme pour le travail physique. Il a été difficile d'imaginer que des robots puissent débaucher des employés dans le travail à la chaîne car plus rentable... Et aujourd'hui il est dur de penser que la machine remplace l'Homme dans le travail intellectuel ! Et pourtant depuis bien des années également nous avons tous utilisé des calculatrices pour calculer à la vitesse de l'éclair, des classeurs Excel pour mémoriser beaucoup de données, des moteurs de recherche pour rechercher plus vite. Je pense que ce qui dérange maintenant c'est que nous donnions aux programmes la capacité d'analyser des problèmes, de proposer/trouver des solutions, d'apprendre tout seul avec le Machine Learning entre autre. Ils "ressembleraient" ainsi de plus en plus aux humains sur presque tout les critères et cela fait peur. On se pose la fameuse question du "Mais à quoi on sert si on se fait remplacer par des robots ?". Pour moi c'est comme si j'entendais l'éternelle question du "Quel est le sens de la vie ?". Cela me fait beaucoup rire quand je lis les gros titres parlant des IA comme la future cause de destruction de l'humanité, que les IA vont nous conduire à notre propre perte, que nous sommes en train de nous auto-détruire... Si on respecte les 3 fameuses lois de la robotique énoncées par Isaac Asimov, il n'y a vraiment pas à être effrayé par les IA. Il ne faut pas voir les IA comme des remplaçants d'humains mais comme une assistance précieuse qui nous permet à nous de se concentrer vers de nouvelles voies encore inexplorées et d'évoluer rapidement pour une qualité de vie toujours meilleure.


On manquera toujours de ressources pour inventer, découvrir et construire. Il est donc dans notre nature je pense de chercher à concevoir des IA puissantes, performantes allant dans notre sens. Le scénario de Terminator où les robots se rebellent contre les êtres vivants, j'ai du mal à y croire. Après dans les deux cas, que ce soit l'utopie ou l'apocalypse, on est bien d'accord que cela reste un fantasme de geek et que ce ne sera pas demain qu'on verra une IA avoir un poste de responsable cadre dans une entreprise.

Thomas

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